Mercredi 7 mai 2008

Les dernières heures électorales de Belgrade

Une militante portant Nicolic sur ses épaules

Ces derniers jours se sont tenus les ultimes meetings des partis en lice pour les élections législatives du 11 mai. D’un jour à l’autre, la place de la square de la République change de couleur et d’atmosphère. Après la vague rouge et festive du LDP, deux autres qui n’ont en commun que la couleur bleue ont inondé le centre de Belgrade.

 

Espièglerie d\'une passante devant les manifestants nationalistes

Mardi, sous une pluie battante, les radicaux nationalistes supporters de Tomislav Nicolic, parfois venus des provinces les plus reculées,  agitaient leurs bannières siglées « Le Kosovo est la Serbie ». L’ambiance était au recueillement. Des chants patriotiques poignants rappelaient aux militants le rêve de la Grande Serbie. Le lendemain, même couleur mais autre parti.

Une foule aux couleurs de l\'Union Européenne

Sous un doux soleil, les nombreux militants de Boris Tadic, figure de proue du Parti Démocratique actuellement président, ont montré un enthousiasme débordant en brandissant les drapeaux azur et étoilé de l’Union Européenne.

Lundi 5 mai 2008

Belgrade. Après les bombardements, les ruines.

Au cinquième jour, nous nous familiarisons peu à peu avec la « ville blanche ». Il y a dix ans ou presque, c’était la guerre. La guerre du Kosovo. Un nom évocateur et une décennie qui n’a pas suffi à effacer les stigmates des bombes lâchées en mars 1999 par les forces de l’OTAN sur la capitale serbe. Au détour des rues, il n’est pas rare de remarquer éclats de balles et murs endommagés. Pourtant la ville semble étrangement calme, comme paisible. Simple impression de nouveaux arrivants ou discrète distance aux choses de la vie que l’expérience de la guerre a imposé aux Belgradois ?

Au coin de la rue Kneza Milosa et Nemanjina, larges sillons qui quadrillent le centre de Belgrade, une vue soudain interpelle. Des ruines imposantes bouchent le panorama et accaparent l’attention. L’ancien bâtiment, une annexe du Ministère de la Défense pendant la guerre du Kosovo, est réduit en miettes. La partie centrale de l’immeuble grisâtre est maintenue miraculeusement par les structures en métal qui soutenaient le béton, maigres squelettes décharnés. Chaque jour, des briques doivent en tomber comme les goûtes d’un robinet qui ne cesse de fuir.

En plein milieu du quartier des Ministères actuels, la présence de ce paysage presque lunaire apparaît traduire la volonté de maintenir le souvenir des douleurs passées.

Lundi 5 mai 2008

En direct de “Casablanca”

Quatrième jour. Dernières heures à Belgrade pour Stephane et Leila qui partent demain matin pour le sud du Kosovo. Direction: une base militaire de la KFOR, la force armée multinationale de l’OTAN. Le cadreur et la journaliste suivront les militaires de la Swisscoy, le contingent suisse. Amélie, David et Juliette prendront eux aussi, la route du nouvel Etat. Ils se rendront à Mitrovica pour couvrir les élections législatives et réaliser un reportage sur l’université de l’enclave la plus célèbre du pays. Enfin, Delphine et Ariane restent à Belgrade pour rendre compte du scrutin. Toutes les nuits, les youpressiennes arpenteront bars et discothèques pour vérifier que la ville blanche est bien la “capitale de la fête des Balkans”. Oui, Oui, pour un article.

Dimanche 4 mai 2008

Au boulot…

Depuis notre base belgradoise, nous voici prêts à éblouir les rédactions de France et de Navarre! Les sujets ne manquent pas, le temps, lui, est compté. En effet, nous nous sommes organisés en équipes de 2 ou 3 afin de travailler sur tous les fronts. Politique, culture, société, Belgrade et l’ensemble de la Serbie (dont les enclaves serbes du Kosovo), ne manquent pas d’attraits journalistiques. Dès notre arrivée, nos prises de contacts avec des locaux nous ont permis d’espérer de commencer à effectuer notre travail dans des conditions optimales.

Dimanche 4 mai 2008

Premiers jours, premiers reportages

photo © Juliette

Première photo. Le soir de notre arrivée. Après 25 heures de car, l’auberge de jeunesse et le resto, une petite pause devant l’église Saint Sava, la plus grande église orthodoxe d’Europe, à deux pas de chez nous…

LDP Belgrade

photo © Juliette

Deuxième jour à Belgrade. Par hasard, toute l’équipe se trouve en plein meeting du LDP, le parti libéral démocratique, clairement pro-européen et seul parti serbe favorable à l’indépendance du Kosovo. Sans même se croiser sur la place principale de Belgrade les reporters youpressiens ont le même réflexe. Caméra, appareil photo, calepins dehors, la Dream team du collectif se lance. Quelques centaines de belgradois, drapeau européen au poing, assistent au discours de Cedomir Jovanovic, le porte-parole du parti. L’intégration à l’UE sera pour une grande partie des serbes l’un des enjeux majeurs du scrutin.

photo © Leïla

David, entre deux sujets sur le Turbo-Folk et l’Eurovision, discute du scrutin anticipé avec deux passantes, lors du meeting du LDP. Découragés ou plein d’illusions sur la Serbie post élections législatives, les belgradois se rendront aux urnes le 11 mai prochain. Ces deux femmes pro-LDP sont convaincues que l’Europe est l’avenir de leur pays.

photo © Leïla

David (encore) et Amélie s’occupent de leur prochain départ pour l’enclave emblématique de Mitrovica. La ville est coupée en deux parties qui sont reliées par un pont. D’un côté, les serbes, de l’autre, les albanais. Situé au Nord du Kosovo, proche de la frontière avec la Serbie, cet endroit est le théâtre de tous les affrontements inter-ethniques du nouveau pays.

Mercredi 30 avril 2008

Youpress en Serbie et au Kosovo

A l’occasion des élections législatives et municipales du 11 mai, Youpress se délocalise en Serbie et au Kosovo. A Belgrade, Pristina, Mitrovica ou dans les enclaves serbes, cinq journalistes, une photographe et un cadreur-monteur seront sur place pour rendre compte des événements.

Après la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, non reconnue par la Serbie, son statut sera au cœur de l’élection. L’avenir européen de la Serbie aussi : la lutte entre le Parti démocratique, pro-occidental, du Président Boris Tadic et les nationalistes du Parti radical (SRS) sera serrée. Entre intégration et isolationnisme, la Serbie est divisée.
Au Kosovo, un pays qui n’existe pas, placé sous administration de l’ONU et meurtri par la guerre, la population albanaise tente de se construire un avenir, tandis que les Serbes vivent retranchés dans les enclaves.

Sur place, nous suivrons la campagne électorale et les réactions à l’annonce des résultats. Nous sommes en contact avec la population locale et proposerons de nombreux sujets sur la vie au quotidien en Serbie et au Kosovo : dans les enclaves serbes, l’université de Pristina, mais aussi sur l’agitation culturelle et festive de Belgrade…
Nous proposerons des reportages pour la radio, la télévision, le web et la presse écrite.

Les rédactions intéressées peuvent nous contacter sur place entre le 1er et le 15 mai

Leila Minano au 06.15.74.19.90
Ariane Puccini au 00.381.64.07.65.104
Amélie Cano au 00.381.64.07.20.475
David Breger au 00.381.64.07.20.479 (ou 06.87.15.84.04)
Delphine Bauer au 06.22.71.92.29

En attendent, nous vous posterons ici un compte rendu au jour le jour avec photos et vidéos!